23.5.09

nuits sonores cuvée 2009

je ne veux pas briser le suspense mais mon avis peu se résumer ainsi : bien, mais pas top.

En excellente compagnie je me suis rendu ("un peu" éméché) à la nuit 3 des nuits sonores 2009.
Situé dans l'aile la plus méconnue du marché gare, la soirée à guichet fermé s'annonçait pas mal avec au programme Ricardo Villalobos, Cut Chemist et Dizzee Rascal (oui, je ne cite que ce pour quoi je me suis déplacé).

Il y a du monde ce vendredi soir. Il fait chaud et vers minuit quand on arrive sur les lieux, il y a pas mal de tension dehors. Ils attendent un paquet de gens et comme à chaque fois, il aura été prudent de prendre une prévente.



Je vais faire court, les prix augmentent un peu chaque année et la foule se densifie. La mise en place technique est de premier ordre; le son est énorme, il y a de la déco et à gaver de lights. On n'a pas lésiné sur les moyens. Les nuits sonores ont bien muté depuis leurs débuts.

Comme chaque année, le line up est plus que contestable. La scène rock est encore plus décalée et hors sujet que les précédantes années. Pour nous y être arrétés quelques fois, je peux dire sans peine qu'elle frisait le ridicule dans ce contexte. Je suis si surpris que personne ne leur dise après tant d'années... Je n'ai rien contre le rock mais là!



Villalobos commence trop lentement son set marathon. Quand ça commence à pulser enfin, il est temps d'aller voir CC. La scène une n'est pas en plein air comme la scène de Ricardo et l'ambiance est etouffante. La première moitié du set de Cut Chemist est top, il joue expérimental, il y a du scratch (juste ce qu'il faut), il y a des percus, des rythmes africains qui se mèlent au hip-hop. Musicalement, c'est impressionant. J'avais peur qu'il joue exclusivement electro oldschool noyé dans du scratch où qu'il parte trip-hop jazzeux et soporiphique - mais non, il a vraiment assuré; ça rappelait un peu la claque procurée par Krush l'année d'avant. Puis, c'est le drame ! Break puis ce brave Cut Chemist part electro-pop et un pauvre MC ramène sa ganache... On dirait du Justice; ça pique les yeux. On se casse. On se dit qu'on reviendra pour cette vieille racaille de Dizee mais non, on se gourre : le Rascal du dimanche a annulé au dernier moment ! En plus, le bouche-trou est un DJ qui joue des morceaux super convenus et sans finesse. L'ambiance retombe. La décéption aura raison de notre endurance - cette fois, on se casse vraiment. On rentre. Ciao.



Je me suis senti vieux ce soir; ce n'est pas tant l'age du public mais plutôt le mal que j'ai eu à me remettre qui m'a froissé l'égo. Mais bon.

Malgré tout, j'y retournerai l'année prochaine - comme d'hab'.

EDIT :

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11.5.08

nuits sonores 2008 : bilan

On va encore dire que je fais mon vieux et mon blasé mais apart Jeff Mills que j’ai failli aller voir «for old time’s sake», Einsturzende neubauten que je vais regretter d’avoir loupé et sans doute des trucs organisés dans de petits lieux que j’avoue avoir complètement oublié de regarder correctement, il n’y avait réellement que trois choses qui me motivaient pour cette cuvée 2008 des nuits sonores :

Prefuse73 jouait à l’opéra de Lyon ce jeudi 8 mai et lors de la nuit 3 du vendredi 9 mai, sur la scène 3 il y aura deux temps forts : un mix de dj.Krush et un live d’Anti Pop Consortium (il y avait bien aussi dj.Food & DK mais ils passaient un peu tard^^).

Première mauvaise surprise : Prefuse73 se passait bien à l’opéra mais dans une salle appelée l’amphithéâtre (que je suis naïf ; quand je pense que je me voyais réellement dans la grande salle). Petite salle très intimiste donc mais à l’acoustique inadaptée à ce registre, l’amphithéâtre est une salle assez étrange où le premier rang des « gradins » en arc de cercle met le spectateur à seulement quelques mètres de l’artiste et à son niveau. Une des motivations pour aller voir Prefuse73 (outre le plaisir réel éprouvé durant les nombreuses écoutes de leurs albums) était qu’ après une courte carrière, c’est leur dernière tournée ; le groupe se dissout.
Deuxième mauvaise surprise : en plus du moog assez caractéristique de leur son, sur scène il y a une guitare électrique et une batterie 
Alors certains diront « oui mais non, la fusion a du bon blabla » - certes, certains groupes gèrent bien cela et ça sonne plutôt pas mal mais quand on s’attend à de l’electronica de pointe, minimaliste et très électro justement, c’est un peu la soupe à la grimace.

Note perso : je ne reviendrais pas volontairement sur mon immense déception devant Battles qui m’a tout simplement cassé les oreilles à faire le groupe rock de djeun’s… bref

Pour revenir à Prefuse73, nous étions assis sur le côté, presqu’à porté de main de la table sur laquelle se trouvait le moog ; nous étions également à quelques mètres de plus du monstrueux retour de la gratte. Heureusement que j’avais les bouchons antibruit sinon j’aurais été contraint moi-aussi de m’éloigner très vite pour supporter le volume les doigts dans les oreilles… En plus, le son était particulièrement mal mixé avec une batterie omniprésente et bien trop « claquante », la guitare était carrément hors-sujet et toute la trame était sagement débitée par un mac (encore un ! c’est la mode ou bien?).
Tout le monde est resté impassible (déjà que ça n’a pas pour vocation d’être particulièrement dansant) et nous étions plutôt soulagés que ça se finisse après leur rappel-impro qui était en trop. Non, on ne les rappellera pas une deuxième fois.



La nuit 3 nous réservera de bien bonnes surprises par contre. Le lieu est l’ancienne usine SLI à Vaise - personne ne connaissait ce lieu et pour cause : ce sera manifestement la première et dernière fois que ce site aura cette fonction car il serait voué à une destruction imminente. Cette usine est un décor assez idéal pour une manifestation bien trash. On se croirait presque dans une bonne vieille rave oldschool. Mais c’était sans compter la prog qui reste pour moi une énigme qui me ferait rire si j’avais de l’humour.

Petit aperçu dans le désordre :

La scène 2 est un concert punk-métal ; s’approcher à 10m de l’entrée me donnait des nausées. Hors sujet ? Rien à voir ouais. Rien.

La scène 1 est un long pingpong entre un des maitres (Mister Garnier himself) et …le Sarkozy du mix, qui à mon grand désespoir est dans les petits papiers des organisateurs qui nous l’infligent chaque année. Rien que le citer me fait mal. Je n’ai même pas supporté de visiter la salle tellement ça me désole.

Dans la « cour », c’est bien petit pour les milliers de touristes en état d’ébriété et les djs qui se suivent dans le container en face de la grande salle avaient un peu de mal au début à se faire entendre. Mais musicalement, ce seront sans doute eux les plus cohérents avec le sujet – ils joueront techno, tribal et minimal toute la nuit et c’était vraiment pas mal. Il faisait beau et la température était très agréable (au moins 10° de moins que dans les salles). Ils avaient une bonne grosse foule dense devant eux et c’était bonne ambiance ; ça dansait partout. Bon esprit grâce à malgré l’état général des participants (qui ont tous attaqué bien tôt apparemment). Les bars sont pris d’assaut et bientôt on marche sur un tapis de gobelets en plastique – ça envois du lourd à tous les niveaux.

Nous étions venus pour la scène 3 et il faut dire qu’après une arrivée chaotique (la queue était un bordel sans nom à la limite du dangereux) on a eu à peine le temps de se regrouper à l’entrée que l’on filait pour voir Krush qui jouait vers minuit. Krush est apart, on l’adore depuis longtemps et il fait partie de la liste de ceux que l’on n’a toujours pas vus. C’est un dj japonais, il est un des inventeurs de l’abstract hiphop et du triphop ; son set est énorme. La salle est pleine à caquer et il fait 2000°C. Son son est très lourd, très clair ; il mêle hiphop et jazz, 2step et electronica. Son son est unique. Moment de grâce. La soirée commence fort (trop ?).

Je vous épargne le récit de nos déambulations et de nos stops au bar pour passer directement à anti-pop consortium. Leur live est assez déstabilisant, ils sont plusieurs sur scène (4 dont 2 MC?) et passent d’un hiphop oldschool hyper lourd avec des subs qui te filent la chair de poule (véridique) à un rap particulièrement abstrait sur des rythmiques complètement déstructurées – très difficile à suivre à vrai dire. Mais ils sont très bons, enchainant morceaux de leurs albums, impros et compos « à venir » (ils n’ont pas manqué de faire la promo de leur album^^) ; ils interpellent la foule et ça marche. Le public en redemande.

On ne traine pas après ça, maintenant on est vieux alors on rentre tôt – ‘faut pas déconner non plus. Blague apart il est tard et il faudra bien la journée du lendemain pour se remettre. Il est l’heure de rentrer tant que c’est encore raisonnable. Nos oreilles ont déjà bien reçus malgré les bouchons antibruit.

On a passé une excellente soirée et la seule chose que j’ai réellement regretté, c’est d’avoir dû laisser deux amis dehors qui n’avaient malheureusement pas pris de préventes. On le saura pour l’avenir : désormais il est obligatoire de se munir de places à l’avance si on veut rentrer aux nuits sonores.

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20.5.07

nuits sonores 2007 : bilan

Que dire de cette édition 2007 des nuits sonores ?

Tout d'abord, je dois avouer que j'ai râté une bonne partie de la fête (dans tous les sens du terme) : les nuits sonores s'étendent désormais sur 5 jours... je n'ai assisté qu'aux deux dernières scènes "ON" dites "nuits officielles". Il est possible que les nuits sonores ne se passent plus que sur les scènes OFF, il est fort probable que pour faire une bonne soirée il faille aller désormais dans les bars durant le festival ou privilégier les soirées du jeudi que je regrette amèrement d'avoir loupé.



Les raisons pour mon manque d'assiduité : la distance, la météo, la flemme, un programme peu inspiré, mon grand age... c'est facile de se dire cela maintenant, mais j'ai un goût amer dans la bouche après les festivités de cette annèe. Alors oui, biensûr qu'on s'est quand même bien marrés; évidemment que c'était très chouette de revoir ces gens que l'on a perdu de vue et que l'on croise au hasard de nos déambulations sur les sites principaux des teufs. On est nombreux à ne pas passer à côté des nuits sonores quitte à ce qu'elle ne soit plus que la seule soirée de l'année. Mais ce n'est PAS suffisant. On s'attend à plus !
...et à ce prix public là, c'est normal je trouve : 25€ la soirée et 3€ la bière, c'est sans doute les prix mais pour un évènement si lourdement subventionnée, je pense que lever le pied aurait été de bon goût.

De gros moyens sont mis en oeuvre pour catapulter Lyon au niveau de la scène européene. Les enjeux sont considérables. Les nuits sonores ont pris une telle importance aujourd'hui qu'elles sont presqu'au niveau des illuminations ou de la fête de la musique. Je suis persuadé que cette année encore les recettes et taux d'affluence ont atteint des sommets inespérés il y a 5 ans lors de la première. La ville de Lyon qui reniait en bloc la musique électronique est aujourd'hui omniprésente et tire la couverture à elle en toute légitimité. Je ne serais pas surpris qu'elle s'ingère même sur des postes que l'on ne soupçonne pas.

Le problème c'est que malgré les moyens techniques de premier plan (son, scènes, téchniciens, lights, vidéo, blablabla) et le lieu, il manque un peu de fraîcheur et de cohérence musicale au niveau du point clé de la réussite de cet évènement : la programmation et le soin de respecter celle-ci. Musicalement, cette année fut un désastre et les hors sujets se sont multipliés. C'est triste de passer une partie de la soirée à érer dans les subsistances à passer de salle en salle à la recherche d'un son potable (on ne cherchait pas la révélation musicale systématique; juste un truc "sympa" aurait suffi - après quelques bières et en bonne compagnie, l'acceptable nous aurait fait rester mais là, il fallait parfois partir parceque c'était pénible).

Il y avait aussi le fait de subir les multiples changements de lineup de dernière minute et ça, c'est particulièrement lourd : exit kentaro, dj marky (il aurait loupé son avion??!) et même relégation en fin de soirée de Flore au profit du son du peuple; pour un seul soir, ça fait beaucoup.

Heureusement que la veille, apparat et FM enheit nous ont ébloui; je regrette parcontre de ne pas avoir entendu le set de Loco Dice qui commençait si bien.
Pour une grande majorité du reste, disons que ce n'est peut-être qu'une histoire de goût qui soi-disant ne se discute pas.



photos volées (sans son authorisation) à majico le mekanoboy sur son blaug



Je suis très déçu mais j'ai passé des moments super sympas avec les copains : majico l'infatigable (je suis pressé de voir toutes les photos et les minifilms), le slak et sa moitié (qui n'ont vraiment pas eu de chance de ne choisir que la soirée du samedi), flo (qui a dû partir pour ne pas avoir à affronter de nouveau les interminables queues pour aller aux sanitaires??!), Elise & pyroman les revenants... :)

Le Mystère : on a encore trouvé le moyen de ne croiser que brièvement frank et xtof.
A chaque année on fait le coup, il va falloir y remédier à la prochaine.

La Déception : toutes les soirées SOLDOUT qui ont empêché ceux qui se sont décidé à la dernière minute de se joindre à la fête - quitter Daf devant l'entrée jeudi soir après le début de soirée que l'on avait passé ensemble, ce n'était pas top. Les préventes sont indispensables, qu'on se le dise.

En repensant à l'épisode de Flo, je ne peux que grimacer en repassant aux WC aux subsistances.
Le choix était simple : faire la queue une heure pour avoir accés à des toilettes presque décents ou alors affronter le ghetto des chiottes au fond de la cour. Suivez l'odeur et attention de ne pas trop taper des pieds, le sol est trempé de pisse :(
Ces "sanitaires" (cachés dans la pénombre honteuse du coin le plus éloigné du site) étaient vraiment immondes, l'odeur était pestilentielle; le niveau d'hygiène digne des festivals les plus trash. Merci pour l'effort mais là messieurs les organisateurs, il va falloir revoir vos copies : le prestige en a pris pour son grade. Désolé, la bière ça fait pisser, l'humain est malheureusement ainsi fait, je pense qu'il serait opportun de prendre en compte le ratio "teufeurs/bières consommées" et de repenser cet aspect du concept. C'était une expérience indigne du reste de la mise en place et ça a dévalorisé fortement l'ensemble. Je sais que je ne suis pas le seul que ça a choqué.

Une petite pensée pour les riverains qui ont subi ce festival. Le lieu est unique de par son architecture et le soin apporté à la restauration des lieux mais son emplacement géographique, son acoustique et son gabarit ne sont pas adaptés à ce type d'évènement. Se garer est un calvaire à cet endroit en temps normal, lors des nuits sonores ce n'est vraiment pas de la tarte. Un lieu plus grand n'aurait pas été du luxe. La Sucrière ne suffisait plus ou la proximité des putes en camionnettes n'était pas assez glamour ?

Malgré le venin que je viens de cracher, je dois dire que j'attend toujours avec impatience ce rendez-vous annuel et que je serais fidèle au poste et partant pour la prochaine. Je suis allé aux 5 premières, je ferais sans doute les 5 prochaines.
J'espère seulement que le tir sera corrigé en 2008 :

Messieurs les organisateurs, s'il vous plaît; recommencez à nous surprendre, prenez des risques, faites péter des stars, n'oubliez pas que c'est un festival de musique ELECTRONIQUE et surtout, faites craquer un nouveau lieu et là, vous casserez la barraque la taille au dessus et les nuits sonores deviendront un phénomène; il y a le potentiel et vous en rêvez.

Bonne nuit.

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